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Proposer aux gestionnaires des aménagements favorables au petit gibier, tel est l'objectif de l'audit cynégétique proposé par la Fédération des chasseurs de l'Aisne.
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Si de nombreuses menaces pèsent encore sur le petit gibier, les évolutions agricoles (implantations de cultures intercalaires, interdiction du broyage des jachères…) tendent à rendre les paysages plus favorables que par le passé.
Le chasseur, qui souhaite accueillir un maximum de faune, aurait tort de ne pas utiliser les méthodes existantes pour optimiser son territoire. Certes, il ne pourra exercer aucune influence sur les aléas climatiques ou épidémiques, mais il pourra agir sur certains aménagements particulièrement favorables au gibier.
Le maintien de la perdrix, du lièvre, du faisan et de l'ensemble de la petite faune sauvage de nos campagnes passe par des aménagements et une gestion simple, à la portée de tout gestionnaire motivé.
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La Perdrix grise : un témoin !
La perdrix grise, de part son mode de vie, est un excellent bio-indicateur de la santé de nos paysages. Le principe de sa gestion a longtemps été décrit sous la forme du tabouret à trois pieds (gestion des prélèvements, gestion des prédateurs, aménagement du territoire). Si l'un des pieds n'est pas développé, le tabouret s'effondre.
Il apparaît maintenant que la situation est plus complexe ; l'agrainage semble jouer un rôle fondamental de même que la disponibilité en insectes pour les poussins.
Le gestionnaire pourra mettre en application quelques principes efficaces pour préserver son petit gibier.
Pour cela, il aura à cœur de rechercher deux principaux objectifs : diminuer les pertes et offrir une plaine accueillante.
Diminuer les pertes
La diminution des pertes sur les jeunes et les adultes nécessite l'adoption de certaines pratiques culturales et la régulation (raisonnée) des prédateurs. Lors de la récolte, l'attaque des parcelles par le centre après détourage et l'utilisation de barres d'envol (pour la fenaison) limitent fortement les risques de destruction. Il est d'ailleurs nécessaire de ne pas débuter la récolte de nuit, le gibier ne localisant pas le danger.
Pour la limitation des prédateurs, le piégeage et les chasses spécifiques ont largement fait les preuves de leur efficacité même si elles ne peuvent s'appliquer sur toutes les espèces (certaines sont protégées). La limitation des pertes due à la prédation impose donc un aménagement spécifique du territoire offrant au petit gibier un nombre suffisant de refuges en cas d'attaques.
Augmenter la capacité d’accueil
Offrir une plaine plus accueillante pour la faune sauvage nécessite des investissements plus conséquents. Ces investissements doivent répondre aux différents besoins du petit gibier selon les saisons : offrir des ressources en nourriture, notamment en insectes pour les oisillons et les poussins et en nourriture verte en hiver, proposer des abris contre les intempéries et les prédateurs, développer la capacité d'accueil des territoires en assurant la présence de couverts hivernaux et de couverts de nidification.
Les outils qui répondent à ces problématiques existent : avoir un assolement varié et bien réparti, implanter des engrais verts, disposer de haies et de talus bien entretenus, gérer les bords de champs, utiliser la jachère environnement faune sauvage pour installer des bandes intercalaires, agrainer… Autant de mesures qu'il faut savoir doser pour optimiser son territoire pour le petit gibier.
Des pratiques qui ont fait leurs preuves.
Dans l'Aisne, les exemples ne manquent pas de chasseurs ou d'agriculteurs qui ont transformé leur territoire en un véritable paradis du petit gibier. Jacques Hicter est de ceux-là. Sur son territoire de170 ha de la " Ferme du Bois de Cabaret ", les résultats sont plus qu'exceptionnels.
De 49 à 194 perdrix prélevées en 10 ans
En un peu plus de dix ans, les prélèvements sont passés de 49 à 194 perdrix prélevées. Cette remontée prodigieuse est à mettre en rapport avec les efforts d'aménagement du territoire et de gestion des prédateurs. L'assolement est basé sur des parcelles rectangulaires alternant cultures de céréales d'hiver et cultures de printemps. Cet assolement en longueur simplifie le travail agricole et est favorable pour le petit gibier car il multiplie l'effet de lisière par rapport à des parcelles de forme carrée.
Chaque bloc, constitué d'une céréale d'hiver et d'une culture de printemps, est bordé d'une bandes intercalaires de 8m. pour être éligibles aux contrats " jachère environnement faune sauvage ", ces bandes intercalaires sont associées à de la jachère industrielle sur une largeur de 12m. Le tout atteint donc 20 m de large et répond à la réglementation. Les bandes de 8 m sont divisées en deux largeurs de 4 m, l'une alternant deux des couverts adaptés de la JEFS (maïs-millet, choux-avoine-sarrasin), l'autre étant constituée d'un mélange herbacé constitué de fétuque élevée, de dactyle et de fléole. Ces bandes sont complétées par des buissons de 20 m de long.
Cet aménagement répond aux multiples demandes du petit gibier en offrant couvert et nourriture tout au long de la saison de chasse. Il est complété par l'installation de seaux agrainoirs (1 par couple) qui fixent les oiseaux, les nourrissent et leurs offrent un repère dans le paysage (la plupart des perdrix couvent à moins de 20 m de " leur " seau). Petits tas de fumiers ou ballots de paille sont, en outre, très appréciés comme poste d'observation pour les coqs ou pour le développement des insectes. Ses résultats prouvent qu'il est possible et intéressant de concilier agriculture et faune sauvage. |