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FÉDÉRATION DES CHASSEURS
DE PICARDIE

Village Oasis Bâtiment Fagus
Allée de la Pépinière
80044 Amiens Cedex 1
Tél : 03 22 67 12 15
Fax : 03 22 67 12 11
Email : frc.picardie@wanadoo.fr

 

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Gérer le Sanglier par le plan de chasse
 

Agriculteurs, chasseurs et forestiers de l'Aisne entreprennent depuis sept ans une gestion concertée du sanglier. Sans drame, sans polémique dans le respect des intérêts de chacun. Une initiative unique en France.

Chasses de Picardie. com – Depuis quand et dans quel contexte avez-vous instauré le plan de chasse sanglier dans l'Aisne ?

Fédération des chasseurs de l'Aisne – Il a été mis en place progressivement depuis 1995 puis, compte tenu de sa pertinence, généralisé à tout le département en 1999. Il s'agit d'un accord entre les agriculteurs, les forestiers et les chasseurs, formalisé sous la forme d'un contrat agro-sylvo-cynégétique du sanglier qui fixe des objectifs de dégâts et de prélèvement aux 100 ha boisés ; ces objectifs sont arrêtés par massif et révisable tous les trois ans. Dans chaque massif – le département en compte 33 – des responsables sont élus par les demandeurs de plan de chasse. Ainsi près de 130 chasseurs ont en charge d’instruire les demandes de plan de chasse. Cette démocratisation répond à une double préoccupation : fixé un niveau de responsabilité au plus près de la réalité du terrain, et garantir la transparence.

Chasses de Picardie. com – Comment fonctionne votre système d'un point de vue pratique ?
Fédération des chasseurs de l'Aisne – Tous les ans, au printemps, un comité de pilotage constitué d'agriculteurs, de forestiers, de la DDAF, des responsables de massif et d' élus de  la Fédération, assistés par le technicien en charge des plans de chasse, analysent les niveau des dégâts et des prélèvements par rapport aux objectifs, le temps et le pourcentage de réalisation du plan de chasse afin de fixer le quota à attribuer sur chaque secteur  pour la saison. Le nombre d’animaux à prélever étant ainsi définie, les plans de chasse individuels peuvent être examinés ; ils font l’objet d’une proposition lors d’une réunion publique organisée dans chaque massif  ; si la proposition ne correspond pas à sa demande, le demandeur, dès ce niveau d'instruction, à la possibilité de faire connaître son désaccord ; son dossier sera alors examiné en commission au regard des éléments qu’il apporte et du point de vue des responsables de massifs.  
Le prix des bracelets est calculé en fonction du montant des dégâts par massifs, sachant que le timbre grand gibier – acquitté par l’ensemble des chasseurs de grand gibier – intervient comme une contribution de solidarité à hauteur de 50% des dépenses. Ainsi, selon les secteurs le prix de bracelets se situe entre 15 et 60 e. Le principe de base est que trop de solidarité tue la solidarité, en d’autres termes si le timbre grand gibier, ou tout autre système, supporte l’intégralité de la dépense, ceux qui gèrent leurs populations de façon responsable payent pour ceux qui font n’importe quoi.

Chasses de Picardie. com – A combien s'élevaient les dégâts avant le plan de chasse et aujourd'hui ?
Fédération des chasseurs de l'Aisne – En 1995 : 3694 sangliers prélevés et 325 645 € de dégâts; en 2001: 4920 sangliers prélevés et 304 342 € de dégâts .... sachant que les chasseurs de l'Aisne assurent 100% de cette dépense.

Chasses de Picardie. com – Quelle a été la réaction des chasseurs lors de la mise en place de cette politique?
Le dispositif a été adopté en assemblée générale avec 88% des suffrages. Il a très vite compris par les responsables de territoire, moins rapidement par les chasseurs dans leur ensemble qui toutefois, petit à petit, y ont vu – c’était l’objet de la démarche – une façon logique, rationnelle, et équitable de gérer le problème. Cela suppose beaucoup d’information et la mise en place des responsables de massif, acteurs du contrat, a été décisive.

Chasses de Picardie. com – Quelles ont été les difficultés rencontrées lors de la mise en place du plan de chasse ?
Fédération des chasseurs de l'Aisne – Celle des conservateurs obtus qui ne pas voulaient pas croire que le plan de chasse puisse permettre autre chose que l' augmentation des densités. Celle des irresponsables qui y voyaient la fin d’un système où ils pouvaient faire monter inconsidérément les populations sans en subir personnellement les conséquences puisque c’était la collectivité qui payait.

Chasses de Picardie. com – Et si vous deviez refaire cette démarche ?

Fédération des chasseurs de l'Aisne – Nous le reprendrions à l’identique puisqu’elle a atteint un objectif essentiel : une relation parfaitement très claire avec les agriculteurs. Reste une question centrale : le contrat agro-sylvo-cynégétique obéit exclusivement à des objectifs quantitatifs ; pour aller plus loin, de concert avec l’Association départementale des chasseurs de grand gibier, nous étudions les dispositions qui permettraient de lancer le pari du qualitatif c’est-à-dire le vieillissement des populations dans le cadre, toujours fixé bien entendu, de l’équilibre avec le milieu.
Pour être tout à fait honnête nous n’avons pas éludé un point noir que nous partageons avec tous les départements confrontés à des populations importantes de sangliers : les dispositifs de protection. Ces centaines de kilomètres de clôtures constituent un dénie de gestion, un constat d’échec. Maintenir des animaux sauvages dans des limites électrifiées ne ressemble en rien à une gestion écologique. Les chasseurs en sont bien d’accord et tous souhaitent que ces frontières soient levées, mais alors il faut jouer le jeu c’est-à-dire accepter des densités nettement moins élevées. Or les tableaux importants sont devenus un droit acquis et la justification de prix de location élevés. Il y a là toute une problématique extrêmement complexe où s’imbriquent des intérêts multiples et pas toujours très sains.
Pour en sortir, il faut faire le choix de la qualité contre celui de la quantité ; les démagogues hurleront à l’élitisme. Pourtant, nous aurions bien tord de refuser de voir la réalité en face : des territoires où il n’y a quasiment plus que des populations de grand gibier, suralimentées en maïs et enfermées dans des clôtures ne sont plus des territoires de chasse mais des élevages. La chasse légitime est celle qui participe au maintien de la biodiversité, celle qui prend en compte toutes les espèces – petit et grand gibier, espèces non chassables et espèces protégées –  et qui préserve le caractère sauvage des animaux. La cynégétique ne saurait être spécifique, elle doit être transversale, c'est-à-dire agir sur l'ensemble des espèces. Là, et là seulement, le plan de chasse prend tout son sens et très humblement, nous n'en sommes pas encore là dans l'Aisne. C'est toute l'ambition du schéma départemental que nous préparons activement.

Source : Chassesdepicardie.com 
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