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Hygiène alimentaire et gibier, l’Europe surveille !
La chasse n'a pas échappé au principe de précaution qui a durement réglementé tous les secteurs de la production primaire. La commission européenne sur l'hygiène alimentaire a proposé récemment un projet de directive dont les dispositions, tendant à réglementer la cession de gibier tué en action de chasse, ont été adoptées en première lecture par le parlement européen. L'idée centrale de la refonte des règles d'hygiène est la responsabilisation des exploitants du secteur alimentaire quant à la sûreté des denrées qu'ils produisent. Selon cette commission, la chasse est considérée comme une production primaire. Dès lors qu'il y a cession à titre gratuit ou onéreux du gibier à un consommateur, le chasseur ou la structure cynégétique sera concerné par cette nouvelle réglementation. Les principes déclinés par ce projet de directive y incluent à la fois la responsabilisation des chasseurs et leur obligation de se former sur des thématiques diverses telles les connaissances relatives à l'hygiène et à la pathologie du gibier nécessaire à la pratique d'un examen initial préalable à la consommation de la venaison.
Des formations pour des responsables hygiène
Toutes structures cynégétiques vendant ou offrant du gibier devront nommer un ou plusieurs responsables chargés de cette mission. Le programme et le déroulement des formations sont laissés à l'initiative des états membres qui pourront faire appel aux organisations de chasseurs reconnues telles que les Fédérations départementales des Chasseurs, pour leur mise en œuvre. Dans l'application, ces nouvelles dispositions obligent une éviscération immédiate pour le grand gibier avec le retrait de l'estomac et des intestins et pour le petit gibier, une éviscération totale ou partielle, soit sur place ou dans un établissement de traitement du gibier. Tous les animaux prélevés feront l'objet d'un examen par le responsable de la structure cynégétique afin de détecter tout risque sanitaire. En l'absence de responsable, la structure devra faire appel à un vétérinaire. Lorsque la dépouille du gibier prélevé en action de chasse ne présente aucun risque, le responsable émet un certificat indiquant que l'animal ne présente pas de caractéristiques anormales. La livraison de la dépouille à l'établissement de traitement doit être accompagnée des viscères détachés de la carcasse, ainsi que des reins et du certificat qui, à défaut, sera rédigé par une autorité compétente. Si un comportement anormal avant la mise à mort ou des symptômes pathologiques sont constatés lors de l'examen initial, la carcasse et toutes les viscères devront être transportés jusqu'à un établissement de traitement du gibier où sera pratiquée une inspection post mortem complète.
Des responsabilités en cas d’intoxication !
Chaque contrôleur alimentaire sera tenu pour responsable des résultats d'examen et de tous les problèmes d'intoxication alimentaire. Lors de commercialisation de gibier non dépouillé, les viscères doivent accompagner la carcasse jusqu'au centre de traitement où il sera pratiquée une inspection post mortem. Les résultats obtenus permettent la rédaction par un vétérinaire officiel d'un certificat de salubrité qui est joint à la carcasse Il est fort à parier que ces dispositions soient un jour généralisées à l'ensemble des structures cynégétiques ou chasseurs isolés et ceci quelque soit le devenir du gibier abattu. Il en sera certainement de même pour l'équipement de leurs locaux servant à la préparation de la venaison avant partage ou cession. |