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80044 Amiens Cedex 1
Tél : 03 22 67 12 15
Fax : 03 22 67 12 11
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ACTUALITÉ ARCHIVES

 
 

.Dans un souci de concertation la Fédération Régionale des Chasseurs de Picardie avait demandé l'avis du Conservatoire des Sites Naturels de Picardie sur son étude intitulée "Inventaire de la flore et de la végétation de secteurs de marais gérés pour la chasse à la bécassine", réalisée par le bureau d'études Alfa. Voici ci-dessous la réponse du directeur du Conservatoire des Sites Naturels de Picardie, Monsieur Olivier Hernandez, que nous remercions.


SYNTHESE

"A travers la réalisation de cette étude et les échanges que vous organisez, vous vous inscrivez dans une démarche de concertation. Le Conservatoire adhère à votre méthode car, en tant que gestionnaire d'espaces naturels remarquables, il anime des partenariats locaux avec les différents usagers de la nature (chasseurs, pêcheurs, agriculteurs, promeneurs, naturalistes, etc.) et a la volonté de contribuer à l'émergence de pratiques permettant de concilier ces usages avec la conservation des milieux naturels.

Le secteur d'étude qui a été sélectionné est intéressant pour la qualité des milieux naturels et la diversité des pratiques de gestion. L'étude porte sur l'analyse de la flore et des groupements végétaux avec un détail des statuts de rareté et de protection et donne un aperçu de l'intérêt patrimonial des relevés floristiques. Les résultats exposés ne permettent pas une analyse complète  des secteurs de marais concernés car le nombre de placettes est insuffisant au regard de l'hétérogénéité de ce type de milieu influencée par la microtopographie, les différences d'alimentation en eau, etc.

Par ailleurs, l'absence d'un état initial (avant gestion) ne permet pas de faire une réelle comparaison de l'évolution des milieux sous l'influence de la gestion ou sans entretien. Tout au plus, comme cela est écrit par le bureau d'études, les éléments recueillis permettent de dresser une tendance d'évolution, dans les conditions actuelles et sur les placettes étudiées.

Ainsi, il n'est pas possible de préconiser une extrapolation des méthodes décrites à tout marais faisant l'objet d'aménagements pour la chasse à la bécassine.

Une représentation cartographique des unités de végétation permettrait d'apprécier l'impact de la gestion des platières de manière plus globale. Dans le même esprit, il manque dans la description des placettes, la citation du niveau topographique, de la surface ainsi que des éléments d'appréciation sur le régime et la qualité des eaux.

En bref, les conclusions de l'étude mettent en évidence un intérêt écologique important des zones gérées pour la pratique de la chasse aux bécassines, notamment pour le maintien de certains habitats et de certaines espèces végétales remarquables. Il est souligné que l'absence de cette gestion aurait eu pour effet la prolifération de grands hélophytes et de saules. Il est vrai que les pratiques exposées dans ce cas de figure permettent une restauration puis un maintien d'une végétation de bas marais et des espèces qui leur sont associées. Cependant, il est nécessaire de préciser que les groupements de grands hélophytes comme les roselières, certaines cariçaies (groupements à Laîches) sont des habitats pour des oiseaux d'intérêt communautaire (Grand Butor, Marouette poussin, etc.) des insectes (certains lépidoptères hétérocères dont la plante hôte est le phragmite) et des plantes protégées (Peucédan des marais, Gesse des marais, etc.). Certains de ces groupements comme les cladiaies (groupements à Marisque) sont également des habitats d'intérêt communautaire.

Ainsi, pour permettre la prise en compte de ces habitats et des espèces qui leur sont liées, il est indispensable d'adopter une approche globale des marais et de hiérarchiser les enjeux écologiques tout en considérant les différents usages, notamment la chasse. Dans le même esprit, il faut prendre en considération le fait que chaque site appartient à un réseau dans lequel il a une contribution spécifique.

En effet la création et l'entretien de platières pour la chasse à la bécassine peut dans des situations précises avoir un impact positif sur certains éléments du patrimoine, néanmoins, comme tout choix de gestion, il peut s'avérer préjudiciable à certains habitats et certaines espèces non moins précieux. En outre, la localisation et les modalités de gestion sont à adapter au contexte rencontré car certaines actions comme le gyrobroyage et l'écobuage peuvent avoir un effet négatif.

Le Conservatoire est prêt à poursuivre les échanges sur ce thème et pourra, si vous en êtes d'accord apporter sa connaissance des zones humides et de la gestion concertée de ces espaces. En particulier, la proposition du bureau d'études de poursuivre ce suivi est intéressant. Si tel était le cas, une extension de la description de la végétation (avec une pression d'observation suffisante), une plus large prise en compte de la faune et du facteur "eau" paraissent nécessaires."
Olivier Hernandez - Directeur du Conservatoire des Sites Naturels de Picardie

 
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