|
Offrir aux gestionnaires la possibilité de réaliser un bilan des points forts et des points faibles de leurs territoires en matière cynégétique, tel est l'objectif de l'audit des territoires lancé par la fédération des chasseurs de l'Aisne. Application test sur le territoire de M. Pamart à Gronard
Lancé en 2002 par la commission petit gibier de la fédération des chasseurs de l'Aisne, l'Audit cynégétique des territoires est devenu l'un des éléments du Schéma de Gestion Cynégétique des chasseurs de l'Aisne en ce qu'il constitue un préalable aux objectifs d'aménagements qui seront élaborés par les Groupements d'Intérêt Cynégétique. Pour autant, il est un excellent moyen pour chaque gestionnaire de définir des orientations afin de favoriser le petit gibier.
Plusieurs territoires ont déjà bénéficié de cet audit qui permet d'extraire les dix-huit points essentiels d'un territoire pour le petit gibier. Parmi ceux-ci, nous avons souhaité traiter le dossier de Monsieur Christophe Pamart, agriculteur sur la commune de Gronard. Il faut rappeler que l'analyse de l'audit est basée uniquement sur les informations renvoyées par le gestionnaire du territoire, à savoir : le questionnaire d'audit et la carte du territoire.
Analyse cartographique
|
L'analyse de la cartographie permet de dégager deux des 18 points essentiels ; la superficie, le morcellement et la forme du territoire, et le maillage et la taille des parcelles. Dans le cas de Monsieur Pamart, le premier point est un des points forts, en effet, le territoire est monobloc et de taille assez importante (245 hectares) et bénéficie en plus des effets de gestion communes de part son intégration au GIC de la Brune. Par contre, le deuxième point est un point faible, certaines parcelles apparaissent trop grandes et la répartition des cultures (ex : deux céréales d'hiver accolées) ne favorise pas les effets lisières. |
L'importance de l'effet lisière :
De nombreuses espèces, gibier ou non, utilisent uniquement les bordures de parcelles pour vivre ou nidifier (80% des nids de perdrix sont situés à moins de 20 m d'une bordure de champ). Cet effet lisière est primordial et explique l'importance de la taille et de l'agencement des parcelles.
|
Analyse du questionnaire
|
L'analyse du questionnaire permet de déterminer les seize autres points qui se répartissent en 3 catégories ; territoire et paysage, territoire et agriculture et territoire et chasse. Territoire et paysage Dans le cas de notre territoire, le point 3 qui correspond à l'assolement est un point positif, la présence d'une forte diversité de cultures (10 types de cultures) assure une biodiversité importante. Il en va de même de l'intérêt des cultures pour la faune sauvage (les céréales d'hiver sont présentes en surface importante…) et de la présence d'eau (plusieurs mares ont été creusées pour lutter contre l'érosion).
|
Connaissance et gestion des populations : primordial !
Rien ne sert d'aménager un territoire si l'on ne prend pas en compte les densités d'espèces présentes avant d'effectuer des prélèvements. La mise en plan de chasse et la gestion commune dans le cadre d'un GIC permettent cette prise en considération
|
|
Territoire et agriculture Au niveau des relations entre le territoire et l'agriculture, l'absence d'irrigation est positive, et les haies et talus sont relativement bien présents et bien gérés. Par contre le manque de chemins enherbés et l'absence de couverts hauts et riches en insectes (Jachères Environnement Faune Sauvage, cultures intermédiaires…) sont un point négatif qui rejaillit sur les points 12 et 13 (nourritures des jeunes et hivernale). L'agrainage mériterait lui aussi d'être renforcé.
|
Les Jachères Environnement Faune Sauvage (JEFS)
Les JEFS jouent un rôle primordial sur les territoires : riches en insectes, elles offrent une nourriture essentielle aux jeunes oiseaux, persistantes en hiver, elles assurent le gîte et le couvert de très nombreuses espèces, bien implantées, elles permettent de lutter contre de nombreux problèmes agricoles (érosion, ruissellement…)
|
|
Territoire et chasse Au niveau des relations entre le territoire et la chasse, la pression de chasse est bien adaptée, mais il existe un manque de connaissance des densités de populations de gibier. Ce manque est d'autant plus dommageable que le territoire, situé dans un GIC, est intégré dans les réseaux de suivis. Au niveau de la régulation des prédateurs, les prises sont faibles mais à relier, aux densités bien maîtrisées de ces espèces sur le GIC ; en effet, le territoire est piégé par un garde assermenté. Concernant la gestion des prélèvements, l'intégration au plan de chasse petit gibier (lièvres - perdrix - faisans) assure une bonne maîtrise des populations d'autant plus que les voisins sont soumis aux mêmes règles. Pour le gardiennage, la présence d'un garde assermenté pourrait être renforcée par la souscription d'un contrat de garderie auprès de l'agent du GIC. Les principaux efforts sur lesquels Monsieur Pamart devrait attirer son attention sont donc :
|
la réduction du parcellaire ou au moins la réflexion sur l'agencement des cultures, la mise en place de couverts hivernaux (jachères environnement faune sauvage) à des emplacements réfléchis, le renforcement éventuel de l'agrainage (1 agrainoir aux 10 hectares) et l'appropriation des données de comptages effectuées par le Groupement d'intérêt Cynégétique. Ces efforts ont été confirmés par la visite de territoire souhaité par Monsieur Pamart suite à son audit |
|
Les céréales d'hiver, indispensables sites de nidification :
Pour nidifier, la perdrix utilise préférentiellement les céréales d'hiver, et, c'est à l'intérieur de cette culture que la réussite de la couvaison est la plus importante (moins de prédation…). Les territoires doivent donc être suffisamment pourvus en ce type de culture. |
S. Le G.
|