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Le docteur Jean-Marie SAUREL nous présente cette lame à manche dont il se sert depuis 25 ans.
Ces quelques réflexions sur l'usage au XXIème siècle de ce qui constitue probablement la plus ancienne arme de chasse connue n'ont , bien évidemment, pas pour objet de populariser cette technique mais plutôt de susciter de l'intérêt et, pourquoi pas, quelques vocations chez ceux pour qui l'action et le risque maîtrisés font encore partie de ce qu'ils attendent de la chasse. Cette arme, précisons le bien, est actuellement toujours interdite par la législation française en tant que mode de chasse exclusif : son usage, bien que décrié, est autorisé en vénerie pour servir un animal sur ses fins et, en chasse à tir, il n'est toléré que pour achever un animal mortellement blessé ou pour protéger les chiens dans un ferme “ musclé” . Il y a une vingtaine d’années, moins d'une trentaine de chasseurs, en France, utilisaient de manière habituelle l'épieu comme seule arme de traque, et ils passaient un peu pour des illuminés… Les choses ont bien changé et il est maintenant très fréquent de rencontrer des traqueurs armés uniquement de l'épieu dans les battues au sanglier. Et c'est loin d'être une activité marginale : il n'est pas rare de pouvoir servir de cette manière une quinzaine de sangliers par saison de chasse en territoire ouvert.
Les différents types d’épieux 
Il existe plusieurs sortes d'épieu. En vénerie, on utilise souvent un épieu démontable plus facilement transportable à cheval. Les éléments de la hampe, deux ou trois en général, doivent être à la fois légers et très résistants. Des éléments tournés dans du duraluminium de qualité " aviation " et une lame de type " outil " bien plus solide qu'une dague vissée à l'extrémité de la hampe sont très efficaces. Les liaisons entre les éléments de hampe doivent être à pas rapide avec un rattrapage de jeu par embouts coniques. Tout cela, confectionné par un outilleur compétent, revient assez cher mais en contrepartie un tel matériel est pratiquement inusable Pour un traqueur muni d'une arme à feu, l'épieu démontable, correspondant aux critères définis ci-dessus et transporté dans un étui porté sur le dos par deux bretelles s'impose : il s'agit en effet, dans ce cas, d'un matériel “de complément” qui doit se faire oublier pendant la traque. Pour le traqueur dont l'épieu constitue l'arme principale, il en va autrement : la forme classique, je dirais " médiévale " est la plus adaptée.
Les éléments de l’épieu
La hampe : en règle de bois - mais aussi, pourquoi pas, en tube ou fibre de verre ou de carbone - sera robuste mais légère. En bois, elle sera recouverte d'un cerclage de cuir facilitant la préhension et limitant les risques de blessure en cas de casse. Elle sera COURTE ! Rien de plus inutile en effet qu'un épieu emmanché d'une perche de 2 mètres, engin encombrant et dangereux parce qu'inutilisable là où l'on s'en sert le plus souvent, c'est à dire au plus profond d'un fourré dans des conditions où l'agilité et la rapidité d'action priment. Selon la taille de son utilisateur, la longueur idéale d'un épieu " de battue " au sanglier sera comprise entre 1,20 mètre et 1,40 mètre. Il est bon de munir l'extrémité de la hampe d'une boule ou d'une poignée, pour pouvoir servir d'une main, par dessus les chiens.
La lame : L'erreur à ne pas commettre : le " clou ", lame style baïonnette Lebel qui ne fera guère plus de dégât qu'une balle blindée et vous mettra en fâcheuse position devant un ragot décidé à en découdre ! La forme " en feuille de saule ", d'une longueur de 35 centimètres, en moyenne, sur une largeur de 6 à 8 centimètres, traditionnelle depuis le haut Moyen Age est la plus efficace à condition d'être pointue, bien sûr, mais surtout TRANCHANTE. Les lames sont toujours affûtées comme des rasoirs, ce qui permet d’obtenir presque toujours une mort très rapide grâce à l'abondance de l'hémorragie que provoque ce type de lame, même si, dans l'ardeur de l'action, " l'estocade " n'a pas été d'une précision chirurgicale. Il existe actuellement aux Etats Unis des lames en acier embouti extrêmement solides légères et tranchantes qui ont véritablement révolutionné la confection des épieux de traque
Comment et où piquer ?
Si vous voulez conserver des jambes en bonne état, éviter l'approche de face : le sanglier, coincé entre les chiens et vous, choisira toujours de vous charger, pas forcément pour vous nuire mais parce que c'est pour lui la voie de fuite présentant le moins de risque par rapport à la meute de chiens. Donc, il est recommandé de toujours choisir, quand c'est possible, l'abord ¾ arrière du sanglier. Ainsi, l'animal ne vous remarquera pas forcément et vous pourrez facilement porter votre coup derrière le coude, dans la zone coeur-foie-poumon. La probabilité de vous faire désarmer, avec un sanglier qui vous tourne le dos, est de fait très faible. De plus cette position réduit les risques de casser la lame d'épieu, ce qui n'est pas toujours le cas lorsque l’on a parfois à servir de face. Peut-être que les quelques remarques, fruit d'une longue pratique de cette technique par le docteur Sorel, vous auront donné envie de faire un jour une expérience dont vous vous apercevrez qu'elle donne une toute autre dimension à la chasse . Dans tous les cas, la prudence est de mise : il n'y a pas de honte à se méfier et à réfléchir avant d'agir !
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Quels chiens utiliser ?  Les chiens sont évidemment les principaux artisans du succès de la chasse à l’épieu et, sans leur aide, il serait très difficile de parvenir à servir un animal. Tous les chiens dits " d'attaque " c omme le Fox ou le Jagd terrier, sont utilisables en raison de leur agressivité et de leur faible poids qui leur évite le plus souvent les blessures trop sérieuses. Mais des courants, des Drathaars ou même des Labradors, lorsqu'ils ont compris la règle du jeu, peuvent être des auxiliaires terriblement efficaces. Le Fox terrier (ci-contre à poil lisse) et le Jagd terrier (à droite) sont de bons auxiliaires pour le chasseur à l’épieu
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